Le Bénin avec son régime présidentiel offre la possibilité à son Président d’insuffler une ère nouvelle ; de montrer un cap et de diriger ses habitants selon sa vision et les réalités socioculturelles et économiques.
Les succès de Nicéphore Dieudonné Soglo (NDS) à la tête du Bénin est le fait d’une vision claire et d’une ambition pour son pays qui du reste, lui reconnais encore aujourd’hui son statut de“ Meilleur Président“ que le Bénin ait connu (qu’on l’accepte ou pas). Il va donc falloir à Abdoulaye Bio Tchané le battre ou tout au moins atteindre son niveau ; sacré challenge mais faisable si l’on s’y prend bien. Les recettes de NDS sont encore de rigueur et peuvent servir de base pour une réflexion stratégique. Mais au-delà, il faudra à ABT offrir une vision nouvelle à notre pays ; un nouveau pacte qui devra le lier à son peuple.
Ce pacte devra inclure et le Bénin profond, et la diaspora, dans une synergie semblable à celle du lendemain des indépendances et aussi forte que celle qui suivit la conférence des forces vives de la Nation. L’échec cette fois-ci ne sera ni toléré ni accepté pas le peuple ; il en va de la survie de notre démocratie. C’est donc en prenant la mesure de la tâche que ABT devra penser son plan de bataille ; son orientation pour le Bénin couvrant les cinq prochaines années. Un pacte de société nouvelle pour le quartier latin d’Afrique.
“Le chemin n’est point difficile ; mais c’est la difficulté qui est le chemin“ m’a dit un jour un homme sage d’Afrique. Pour ce faire, il faudra faire sans détours possibles l’état des lieux de nos cinquante ans (50 ans) d’indépendance. Trois plans sont inévitables :
- La Nation dans sa façon d’être Ensemble globalement
- La cohésion sociale
- L’adéquation entre notre système économique et nos attentes en terme de développement.
La Nation est malade et, des voix plus sages que la mienne en ont déjà fait écho ; par exemple, le doyen Olympe Bhêly-Quenum malgré toute sa sagesse n’a pu retenir dans la conclusion de son « ESQUISSE D’UN PORTRAIT EN PIED DE MONSIEUR THOMAS BONI YAYI PRESIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DU BENIN. » tout son dégoût sur la méthode de gestion en vigueur au Bénin et expose à juste titre les inquiétudes de tout le peuple sur la transe anti Bio Tchané qui s’empare depuis du pouvoir en place. A cette tétanie s’ajoute à juste titre les troubles d’insomnie que lui imposent les amis de l’opposition G et F depuis leur réveil de Bohicon. Il ont divisé pour régner mal ne leur prit ; l’effet boomerang est plus rapide qu’il ne le pensèrent ; l’insatisfaction gagne leur propre rang ; l’intelligence déserte à pas de géant le forum faisant place à une médiocrité des plus indescriptibles : le pays va mal ; très mal.
Le Bénin de Mathieu Kérékou malgré la gabegie, présentait tout de même une cohésion où se côtoyaient ses filles et fils du Nord au Sud en passant par le centre ; l’est et l’ouest ; celui de Yayi Boni semble se réduire sur la carte même et telle une centrifugeuse attire vers ses collines le débat national qui du reste ne réuni pas pour autant les habitants des alentours ; il y à une tendance exponentielle vers un ostracisme intellectuelle seul terreau à la pensée unique. J’en reviens depuis peu et ce que j’y ai vu me révolte et m’oblige à réagir en clair et sans détour.
Ces deux questions doivent pousser les enfants du Bénin à se tenir réellement DEBOUT car la liberté d’un cri sonore est en train de perdre son chant aux premiers feux de l’aurore.
Il est plus qu’indispensable que les flamme se rallument et que nous arrivions après ce combat à faire table rase du passé en nous asseyant autour d’une table pour passer l’histoire en revue et panser profondément nos plaies qui cicatrisent mal : il a fallu 3 ans pour que le régionalisme renaisse dans nos contrées. Alors, sur le chemin de la construction nationale se trouve pour le prochain Chef de l’Etat cet exercice de réconciliation du peuple avec son histoire ; cet besoin de pardon nécessaire à notre équilibre car les bourreaux de la révolutions n’ont pas expié leur fautes ; et comme le Général Kérékou, aucun d’eux n’a eux le courage de reconnaître les tords faits à certaines familles et donc à la Nation. Il faut donc avoir le courage de lever ce tabou et de réconcilier le peuple avec lui-même ; et je suis certain que cela entraînerait une renaissance d’une Nation Unie non plus au son des chants révolutionnaires et l’arbitraire des affectations politico scandaleuses ; mais un peuple uni dans son besoin de vivre ensemble ; il ne sera donc plus utile de faire de discours sur ce besoin d’amour de la Patrie : Retournons à la fondation et dégageons l’ordure qui pourrie dans notre inconscient collectif. Cet exercice ne doit en rien freiner la marche vers le développement qui constitue le point focal de l’action du prochain Chef d’Etat.
L’adéquation entre système économique et attentes en terme de développement est une question particulière. Elle intègre une analyse historique des modèles économiques appliqué en Afrique depuis 50 ans ; à leur analyse sur un plan impact social, rendement en terme de développement et concordance avec nos besoins corrélativement avec le monde qui nous entoure et ses attentes. Il est donc indispensable de se demander si notre position dans le monde est d’une part, celle qu’attend le monde de nous, et d’autre part si elle reflète la réalité de nos potentialités et des diverses aides perçues ça et là en Afrique. Des voix jaillissent de jour en jour pour crier à la nécessité d’un développement harmonieux, mais, s’il est vrai que c’est au bout de la vielle corde que l’on attache la nouvelle, il est aussi vrai que si ladite vieille corde est pourrie, y attacher une nouvelle, toute neuve et solide fut-elle, ne servirait à rien sinon à entraîner des casses insoupçonnées.
Je puis affirmer sans grand risque d’erreur que l’Afrique, des indépendances a nos jours à loupé le train du développement et, qu’elle végète dans un assistanat béat et trop souvent pitoyable. Et pourtant, cette Afrique là n’a pas manqué de penseurs, elle s’est simplement contentée de ne pas écouter les voix des savants tels le Cheikh Anta Diop lui-même, Nkrumah Kwame ou encore Modibo Keita ces géants qui ont compris dès le départ l’importance d’un développement intégré en Afrique ; un développement qui verrait les peuples travailler ensemble les uns avec les autres en évitant la concurrence inutile puisque planifiant et distribuant leurs besoins par pays. La Côte d’Ivoire n’aurait dans ces cas pas produit le palmier à huile en même temps que le Dahomey, de même qu’elle aurait laissé les bananes au Cameroun ; l’uranium Nigérien aurait servi à l’Afrique entière de même que le Pétrole Nigérian ; les guerres et autres troubles auraient pour la plupart été évités mais on ne refait pas l’histoire dit-on. Que peut donc faire le prochain Président Béninois concrètement :
Battre le rappel de toutes ses troupes à l’intérieur comme à l’extérieur du Bénin afin de savoir avec exactitude quelle est la force intellectuelle dont il dispose pour ses projets et de pouvoir y puiser sans discrimination aucune ; créer un “vortex“ continuellement ouvert où il installera ce pont de retour entre le Bénin et la Diaspora Béninoise qui du reste ne demande qu’à servir outre qu'en période de campagne; donner à nos frères la possibilité d’un retour au bercail pour servir sans être desservis. Donc offrir les conditions d’un retour amorti à ces hommes et femmes qui ont une expérience et un plus à apporter afin qu’ils n’aient pas à subir des pertes sans contreparties comme c’est les cas actuellement au Sénégal, au Ghana et de plus en plus au Mali où des agences sont créées pour gérer ce flux migratoire inverse de retour vers la terre des futurs défis.
Il est certain que ces attentes semblent être les mêmes stipulées à l'arrivée de Yayi Boni au pouvoir; mais le constat est sans appel: la sclérose totale des quelques cadres qui sont retournés dans un système vétustes et complètement inadapté à notre ère a fini par endiguer ce mouvement de retour. Et, le système de gestion installé par le Dr Président a fini par avoir raison de toute intelligence utile.
Mon propos ici est pour susciter un réveil réel des fils et filles de ce pays afin que Nous arrêtions de nous regarder le nombril, et qu'on se mette réellement au travail. Quartier Latin ou pas, le Bénin répond aujourd'hui par son manque de propositions concrètes pour son développement interne; et son apport au développement du continent Noir. Tout économiste qu'il soit, Yayi Boni ne semble pas trouver le bon braquet pour accélérer le changement. Plusieurs questions restent en suspend et on passe sans réelle canevas d’un plan à l’autre. Alors, la question qui s’impose est celle d’un plan cohérent et rigoureux pour les cinq prochaines années. Pour ce faire, il nous faudra revenir à la bonne vieille méthode de Newton : Observation=>Hypothèse => Empirisme partir d’une analyse générale de nos 50 ans d’indépendance en déduire nos réussites sans occulter les énormes pertes et gâchis ; formuler les bonne hypothèses et appliquer.
Notre modèle de développement n’est pas le meilleur ; pire, il ne nous permet pas de cibler nos besoins : une première hypothèse serait :
Et si le Bénin (voire l’Afrique) se voyais comme étant le fournisseur du monde en main d’œuvre qualifiée ? Et si au lieu de parler d’une masse critique à la Mao nous pensions à une masse économiquement exportable ? Comment pouvons nous intégrer nos diaspora sans créer des frustrations de part et d’autre ? Quel programme adopter pour un retour effectif de la diaspora qualifiée au bercail ? Pourquoi devrions nous penser le développement comme on nous l’impose ? En clair, quel type de développement voulons nous réellement ? Celui d’une classe face à l’autre ou celui d’un peuple face à lui-même ?
Nos pères ont échoué dans leur vision globale du développement moderne pour l’Afrique ; nous devons corriger le tir tout en maintenant les acquis ; tel est le challenge de la future équipe dirigeante.